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ETF · Diversification · Stratégie

Combien d'ETF faut-il avoir? La vraie question n'est pas le nombre

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Quand on commence à investir sérieusement, une question revient sans cesse : faut-il détenir plusieurs ETF, ou un seul suffit-il? La bonne question n'est jamais "combien en avoir", mais "qu'est-ce que chaque ETF supplémentaire ajoute réellement à mon portefeuille".

La réponse instinctive de beaucoup de gens est d'en accumuler, par crainte de manquer de diversification. C'est souvent une erreur. Si un nouvel ETF n'apporte rien que vous ne possédez déjà, ce n'est pas de la diversification : c'est de la redondance. Cet article propose la réflexion à mener avant d'ajouter un fonds, la vérité sur les frais que l'on comprend souvent à l'envers, et un cadre simple pour déterminer le nombre qui convient à votre situation.

Un seul ETF n'est pas un portefeuille concentré

La première idée à corriger est celle qui fait paniquer les débutants : "si je n'ai qu'un ETF, je ne suis pas diversifié". C'est faux. Un ETF n'est pas une action. C'est un panier. Un seul ETF largement diversifié peut contenir des centaines, voire des milliers d'entreprises réparties sur plusieurs pays et plusieurs secteurs. Détenir ce fonds unique, c'est déjà posséder un fragment de presque toute l'économie mondiale.

Autrement dit, la diversification ne se mesure pas au nombre d'ETF que vous détenez, mais au nombre de titres sous-jacents auxquels vous êtes exposé. On peut être parfaitement diversifié avec un seul fonds, et terriblement concentré avec cinq fonds qui détiennent tous les mêmes géants technologiques.

Le piège de l'empiètement : la fausse diversification

C'est ici que se trouve le vrai risque de la multiplication des ETF, et ce n'est pas celui qu'on croit. Lorsque vous détenez plusieurs ETF, ils se chevauchent souvent. Un fonds technologique, un fonds d'actions américaines et un fonds mondial contiennent tous, à des degrés divers, les mêmes grandes capitalisations. Vous croyez répartir votre risque sur trois fonds, mais en réalité vous renforcez votre exposition aux mêmes quelques entreprises.

C'est ce qu'on appelle la fausse diversification : la sensation d'être protégé, sans la protection réelle. Le portefeuille paraît varié sur le relevé, mais si ces entreprises communes trébuchent, les trois fonds plongent ensemble. La règle à retenir est simple : chaque ETF que vous ajoutez ne vaut la peine que s'il vous expose à quelque chose que vous ne possédez pas encore. Une région absente, une catégorie d'actifs absente, un segment de marché absent. S'il ne fait que dédoubler ce que vous détenez déjà, il ajoute de la complexité sans ajouter de protection.

La vérité sur les frais : ce n'est pas le nombre qui compte

Beaucoup d'investisseurs évitent de multiplier les ETF en pensant éviter des frais. L'intention est excellente, mais le raisonnement mérite d'être précisé, car il vise à côté de la cible.

Détenir plusieurs ETF ne multiplie pas vos frais. Sur une plateforme à faible coût comme Wealthsimple, en mode autonome, l'achat et la vente d'ETF se font sans commission. Et le frais de gestion propre à chaque fonds, le ratio des frais de gestion, ne s'applique qu'à la portion de votre argent investie dans ce fonds précis. Trois ETF ne cumulent donc pas trois fois leurs frais : vous payez une moyenne pondérée de leurs coûts respectifs. On pourrait très bien détenir cinq fonds peu coûteux pour moins cher qu'un seul fonds dispendieux.

Le facteur déterminant n'est donc pas le nombre d'ETF, mais le ratio de frais de chacun. Et c'est là qu'une nuance importante s'impose pour qui investit par secteur : les ETF sectoriels, ceux qui ciblent uniquement la santé, la technologie ou les services financiers, affichent presque toujours des frais plus élevés que les grands ETF indiciels qui couvrent l'ensemble du marché. La véritable économie de frais ne vient pas du fait d'avoir peu d'ETF, elle vient du choix d'ETF à faible ratio de frais. Pour approfondir ce point, voyez notre article sur les frais de placement.

Pourquoi quelques dollars de frais changent tout

S'il y a une chose à intégrer profondément, c'est que les frais agissent exactement comme l'épargne, mais en sens inverse. Le même effet de composition qui fait grandir vos placements année après année fait aussi grossir le coût des frais que vous payez. Un pourcentage qui semble minuscule aujourd'hui devient, sur deux ou trois décennies, une somme considérable retranchée à votre patrimoine final.

Un écart d'à peine un point de pourcentage de frais par année, appliqué pendant vingt ou trente ans à un portefeuille qui croît, ne représente pas quelques centaines de dollars. Il peut représenter des dizaines de milliers de dollars de rendement perdu, parce que chaque dollar prélevé en frais est aussi un dollar qui ne pourra jamais composer pour vous. C'est précisément la même mécanique que celle qui transforme un modeste 20 $ par mois en une somme étonnante au fil du temps : la constance et la durée amplifient tout, le bon comme le mauvais.

Pour visualiser concrètement cette force, je vous invite à utiliser notre calculatrice d'intérêts composés et à comparer deux scénarios identiques en ne changeant que le taux de frais. L'écart vous surprendra.

Voilà pourquoi un investisseur sérieux traque les frais sur tout : frais de gestion de compte, ratios de frais des fonds, frais de transaction. Non par avarice, mais parce qu'il sait que sur un horizon long, ces petites fuites finissent par coûter une fortune.

Deux philosophies valables, à choisir en conscience

Il existe deux grandes façons de structurer un portefeuille d'ETF, et toutes deux sont défendables. L'important est de savoir laquelle on adopte et pourquoi.

La première est l'approche du fonds unique tout-en-un. Un seul ETF largement diversifié, à très faible coût, qui contient le marché mondial et se rééquilibre automatiquement. C'est l'expression la plus pure de la simplicité et de la minimisation des frais. On ne réfléchit plus à la répartition : le fonds s'en charge. C'est l'option idéale pour qui veut investir sans suivre activement ses placements.

La seconde est l'approche par conviction, par secteur ou par thème. On choisit délibérément les segments auxquels on croit, on les pondère soi-même, et l'on assume un portefeuille plus concentré, plus actif, et souvent un peu plus coûteux. C'est un choix légitime, mais il faut le reconnaître pour ce qu'il est : ce n'est pas une stratégie passive de minimisation des frais, c'est un pari réfléchi sur certaines parties de l'économie. Celui qui investit par secteur ne cherche pas à répliquer le marché, il cherche à le battre sur les segments qu'il a choisis. Cela demande de la conviction et une tolérance au fait que ces secteurs peuvent sous-performer pendant des années.

Aucune des deux n'est supérieure dans l'absolu. Elles répondent à des tempéraments et à des objectifs différents.

Le cadre de réflexion : trois questions avant d'ajouter un ETF

Plutôt que de viser un nombre magique, posez-vous ces trois questions chaque fois que vous envisagez d'ajouter un fonds :

  1. Cet ETF m'expose-t-il à quelque chose que je ne possède pas déjà? Si ses titres recoupent largement ceux de mes fonds actuels, il n'apporte pas de diversification, seulement de la redondance.
  2. Son ratio de frais est-il justifié par ce qu'il ajoute? Un fonds plus coûteux doit offrir une exposition réellement unique pour mériter sa place.
  3. Suis-je capable de suivre et de comprendre ce que je détiens? Un portefeuille que l'on ne comprend plus est un portefeuille qu'on finit par mal gérer. La simplicité a une valeur en soi.

Si un nouvel ETF ne passe pas ces trois filtres, il ne mérite probablement pas d'être ajouté.

En résumé

Le bon nombre d'ETF n'est pas un chiffre universel. C'est le nombre minimal qui vous donne l'exposition que vous voulez, sans dédoublement inutile et sans frais superflus. Pour beaucoup, ce nombre est étonnamment petit, parce qu'un seul fonds bien choisi accomplit déjà énormément.

Ce qui compte, ce n'est pas d'en posséder beaucoup pour se rassurer, mais de comprendre précisément ce que chacun apporte, de surveiller leurs frais comme un gardien, et de se rappeler que sur la longue route, chaque dollar économisé en frais est un dollar de plus qui travaille pour vous.

Cet article a une visée strictement éducative et ne constitue pas un conseil financier ou en placement personnalisé. Chaque situation est unique et comporte un niveau de risque qui lui est propre. Il est recommandé de consulter un professionnel qualifié avant de prendre une décision touchant vos placements.

Combien vos frais vous coûtent-ils vraiment?

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